Hollywood, les hommes et moi – Barbara PAYTON

Hollywood, les hommes et moi BARBARA PAYTON

L’autobiographie de Barbara Payton, Hollywood, les hommes et moi vient d’être publiée en français par La Manufacture de livres. On y découvre la vie de cette actrice qui a connu la gloire pendant trois ans, avant de sombrer dans l’oubli et décéder à l’âge de 39 ans.

 

 

Barbara Payton actrice à Hollywood

Née en 1927, dans le Minnesota, Barbara Lee Redfield se marie en 1945 avec John Payton, capitaine et pilote dans l’Air Force. Ils ont un fils en 1947 et malgré leur divorce, elle gardera le nom de Payton. Rapidement après leur mariage, elle s’installe seule à Los Angeles et signe un contrat avec Universal Studios. Jeune starlette à l’allure glamour et à la chevelure blond platine, c’est une étoile montante. Elle plait aux hommes, elle est un modèle pour les jeunes filles et elle tourne avec des acteurs célèbres. Elle a débarqué à Hollywood avec des rêves plein les yeux et la ferme volonté de devenir célèbre, et elle a réussi.

Durant ses années glorieuses, elle tourne avec des acteurs mondialement connus tels que Gary Cooper, Gregory Peck et James Cagney dans “Dallas, ville frontière”, “Fort invincible” et “Kiss Tomorrow Goodbye”. À l’époque, elle touchait jusqu’à 10000 $ par semaine et fréquentait Ava Gardner et Lana Turner. Elle atteint le sommet de la gloire entre 1949 et 1951. Une carrière de trois ans à Hollywood dans la cité des anges, avant de chuter. Elle dira d’ailleurs qu’avant et après cette période, elle n’était rien.

Barbara Payton
Avec Gary Cooper “Dallas ville frontière” 1950

 

 

Le déclin de Barbara Payton

Apres ces trois années de gloire dans le cinéma, les contrats se font rares. Il faut dire que la belle Barbara mène une vie débridée. Elle est insouciante, légère, sulfureuse, elle plait aux hommes et multiplie les aventures. L’actrice dit elle-même “Moi, Barbara Payton, considérée comme fille la plus chaude d’Hollywood…” (p.166). Elle mène une vie effrénée qui est relayée par les magazines “people” de l’époque. Et dans cette Amérique du début des années 50 son comportement choque parfois. Elle sort avec des acteurs, notamment avec un jeune acteur afro-américain, avec des hommes mariés et également avec des hommes peu fréquentables (dealers, mafieux, proxénètes). Aussi, elle se marie quatre fois, cinq si on compte un premier mariage à 16 ans, annulé très rapidement. Ses quatre maris sont le capitaine Payton, puis Franchot Tone, acteur, producteur et réalisateur. Ensuite, elle épouse Toni Provas et part avec lui vivre une vie simple au Mexique dans le petit village de pêcheurs Bahia de Kino, au nord de Guayamas, en mer de Cortez. Son dernier mari est Jess Rawley, un antiquaire.

La fin de sa vie est précaire, elle n’a pas anticipé sa chute et n’a plus d’argent. Elle sombre dans l’alcool, l’héroïne et la prostitution. Son autodestruction est fatale, elle semble incapable d’agir, se laisse glisser dans sa chute. Elle finit seule, dans un appartement insalubre, infesté par des rats et des cafards. Elles se prostitue, parfois pour payer son loyer et parfois pour acheter alcool ou drogue. Ses tarifs initiaux de 300 $ la passe tombent à 200, 100, 50, puis 20, 10, pour terminer à 5 $ la passe, et parfois elle n’est pas payée. Alcoolique, droguée, le physique ravagé, elle décède à 39 ans d’une crise cardiaque.

Hollywood, les hommes et moi PAYTON

 

Barbara Payton

 

 

Une autobiographie saisissante de l’actrice

En 1963, Leo Guil, journaliste et agent de presse, se rend chez Barbara pour enregistrer ses souvenirs et les publier sous forme d’autobiographie. Le titre est “I am not ashamed – Je n’ai pas honte” et Barbara aurait touché 1000 $ pour le récit de ses mémoires. À cette époque, elle boit beaucoup, mais semble avoir encore une lueur d’espoir de revenir sur le devant de la scène. Aussi, on peut donc se demander si elle n’a pas atténué, accentué ou modifié certains éléments de sa vie dans son récit et si Leo Guil a retranscrit avec précision ses paroles. Dans tous les cas, elle dit les choses clairement, elle est parfois dure et a un langage assez cru par moments. Elle peut sembler sans états d’âme, opportuniste, obsédée par sa carrière et même antipathique et narcissique.

Mais en lisant son autobiographie, on a aussi de la compassion. Sa vie, mis à part les trois années de gloire, est triste, déprimante, glauque, tragique. C’est un gâchis et malgré tout elle ne regrette rien. Elle semble endurcie et fataliste. Elle reconnaît que sa vie loin d’Hollywood aurait pu être plus saine. “Je crois que si j’étais restée au Mexique j’aurais été pour le restant de ma vie aussi heureuse que n’importe qui d’autre” (p.226).

Cette autobiographie permet de mieux cerner l’actrice. Par ailleurs, l’atmosphère du début des années 1950 à Hollywood est bien dépeinte, permettant de voir comment étaient les relations dans les coulisses du cinéma à cette époque, en particulier pour les femmes.

À noter aussi que les photos et la chronologie de l’actrice sont un plus à la lecture de cette autobiographie.

Hollywood, les hommes et moi PAYTON

 

 

Extraits

-(p.82) “Et quand je vois ce que j’étais, je me demande encore comment j’ai pu en arriver où j’en suis. Non pas que j’aie honte. J’ai fait ce que je devais faire. Mais comment j’ai pu chuter si bas ? Comment ? Comment ? Mais comment ? Comment je suis passée de cent mille dollars par film à cinq dollars pour partager un moment avec des types que je ne connais pas ?”

-(p.150) “Quand j’y repense maintenant, des années plus tard, je me rends compte que j’ai vécu une longue série de déceptions amoureuses avec les hommes – des menteurs, des bidons, des manipulateurs, des sadiques et même des voleurs. Tous les hommes ne sont pas pourris. Il y a quelques types qui sont respectables et attentionnés, mais la majorité des hommes que vous pourrez trouver à Hollywood sont de sales opportunistes. Des gars voulant tirer un coup vite fait et qui passent ensuite à la suivante.”

-(p.296) “Quelquefois tout redevenait limpide. Je repensais à ces moments où je gagnais la loge présidentielle de l’opéra, mon vison sur l’épaule, au bras du très élégant Franchot Tone. Et combien les gens, m’admiraient. Je repensais aussi aux premières de mes films, films pour lesquels j’étais payée 100000 $ et comment la presse se battait pour pouvoir m’approcher. J’étais vraiment quelqu’un. Comment, ou pourquoi je suis tombée si bas ? Que m’est-il arrivé ? Pourtant je n’ai pas honte. C’était écrit, ça devait arriver. J’ai joué les cartes que j’avais en main le mieux que j’ai pu.”

 

Hollywood, les hommes et moi – Barbara Payton

-Titre original : I am not ashamed – Je n’ai pas honte

-Traduction de Dominique Forma

-Publié par “La Manufacture de livres”

-Voir le livre sur le site de l’éditeur

– 297 pages  / 18,90 euros

-Voir sur le blog d’autres suggestions de lecture dans la rubrique books/livres

 

Est-ce que vous avez vu des films avec Barbara Payton ou lu son autobiographie ? N’hésitez pas à dire quels films et si vous avez aimé son livre, en commentaire au bas de la page. Merci.

 

Je tiens à remercier chaleureusement “La Manufacture de livres” pour cette lecture captivante.

Barbara Payton

 

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