Lucky Luciano, testament

Lucky Luciano, testament

Lucky Luciano, testament est la biographie de Lucky Luciano. Il s’agit de ses confessions via des entretiens avec Martin A. Gosch et Richard Hammer. Une plongée dans la vie de Luciano aux États-Unis, depuis son départ de Sicile enfant, jusqu’à sa mort. Tout son parcours dans la mafia est évoqué au travers de différentes périodes. Un récit qui a servi d’inspiration pour les films Le Parrain et Il était une fois en Amérique. Réédité début 2022 par La Manufacture de Livres.

 

Le parcours de Lucky Luciano

Salvatore Lucania, plus connu sous le nom de Lucky Luciano, naît  le 24 novembre 1897 à Lercara Friddi en Sicile. Ses parents sont pauvres et ils quittent le pays pour aller tenter leur chance aux États-Unis. Lucky Luciano débarque à New York en 1906, à l’âge de 9 ans, avec ses parents, et ses frères et sœurs.

Au travers de son récit, on découvre donc son parcours qui va le mener à être un des plus grands gangsters de l’histoire de la mafia, chef des cinq familles, un des hommes les plus puissants de l’époque et le « Capo di tutti capi » suite à l’assassinat de Salvatore Maranzano.

Lucky Luciano évoque les différentes étapes du parcours, les rencontres avec d’autres futurs mafieux comme Lansky, Siegel, Capone, Adonis, Joe A., Vito Genovese, Carlo Gambino, Anastasia, Costello, dans sa jeunesse et avec lesquels il sera en contact jusqu’à la fin.

On découvre la hiérarchie parmi les membres de la mafia et les éliminations. Il évoque les anciens mafieux arrivés de Sicile et implantés dans le milieu avant lui : Masseria et Maranzano. Puis les cinq familles et plus tard Vito Genovese qui veut à tout prix prendre la place de Lucky Luciano.

On suit donc les activités de Lucky Luciano et son équipe. Les principales activités citées étant la vente d’alcool pendant la prohibition, les paris, jeux, machines à sous, loteries, casinos… Aussi, Luciano n’hésite pas à donner des chiffres et à donner leurs revenus et bénéfices. Sans oublier bien sûr la nécessité de graisser les pattes des policiers corrompus. Ultra organisés ils avaient même créé une banque à graisser les pattes…

Vient ensuite son arrestation, puis l’exil forcé, le retour vers son pays d’origine.

 

La confession de Lucky Luciano

Lucky Luciano a accepté de confier ses souvenirs à Martin A. Gosch. Martin A. Gosch qui est à ses côtés le jour où Luciano s’effondre par terre et décède le 26 janvier 1962 à Naples en Italie.

Il s’agit donc d’un récit, discours à la première personne du singulier, un récit prenant, captivant, bien raconté et bien traduit. Comme sans toutes les autobiographies on peut se demander si la personne n’a pas exagéré certains éléments ou au contraire modulé ou caché d’autres éléments. C’est à chacun de se faire son opinion. Dans tous les cas, de mon côté j’ai été happée par cette immersion dans cette époque et dans le milieu de la mafia au travers du récit de Lucky Luciano.

On suit, via ses souvenirs, l’histoire du pays et du monde au travers des activités des mafieux : la prohibition (1919-1933), l’élection de Roosevelt (1932), les investissements à Cuba à l’époque de Batista, la seconde guerre mondiale, la construction des casinos à Las Vegas et les débuts de Frank Sinatra… Il nous plonge dans l’Amérique du XXème siècle avec mafia, corruption, politiciens…

Son récit s’articule autour de grandes parties, le départ de Sicile, l’apprentissage, le sommet, la prison et l’exil.

La fin de sa vie est triste et on pourrait presque ressentir de la peine pour lui. Quant à la lecture, elle est très intéressante. Elle est aussi très instructive sur le fonctionnement de leur organisation, son importance et sa puissance.

Une lecture captivante pour moi, d’autant plus qu’elle concerne des personnes ayant réellement existé et qu’on suit au travers de ces personnes le contexte de l’époque. Un récit qui fera le bonheur de toutes les personnes s’intéressant à la mafia. À noter que ce récit a inspiré les films Le Parrain et Il était une fois en Amérique.

 

Extraits  

(p.57) Vito n’a jamais pardonné à Frank d’avoir rappelé qu’il n’était pas sicilien et qu’il ne serait jamais vraiment des nôtres. Ce salaud de Vito avait une mémoire d’éléphant et une patience de lézard, et pendant trente cinq ans il a attendu Frank au tournant pour avoir l’occasion de lui faire sauter la cervelle.

 

(p.163) La salle était pratiquement couverte de crucifix, d’images saintes, de statues de la Vierge et de saints dont je n’avais jamais entendu parler. Maranzano était le plus grand dingue de crucifix que j’ai jamais vu. Il en portait un autour du cou, il en avait plein ses poches, et il couvrait les murs partout où il allait. C’était un obsédé de la religion. Il lui arrivait même de convoquer des gars et de les engueuler comme du poisson pourri parce qu’ils n’allaient pas à la messe. Je me souviens d’une fois, c’était un peu plus tard, quand Mike Miranda m’a raconté que Maranzano l’avait incendié à propos de la messe, et Mike lui avait dit :

-Mais comment veux-tu que j’aille à la messe quand je viens de descendre un gars ?

-Ça n’a rien à voir. La religion ne concerne que l’âme, aurai répondu Maranzano.

 

(p.436) Vous savez, il y a une différence très simple entre les Juifs et les Italiens : les Juifs tuent pour s’entraider, tandis que les Italiens se tuent entre eux. Et ces salauds de Napolitains se tuent entre eux, mais dans le dos.

 

Des photos d’époque illustrent le livre

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Si vous l’avez lu, n’hésitez pas à laisser un commentaire au bas de la page. Merci.

 

Lucky Luciano, testament

-Entretiens avec Martin A. Gosch et Richard Hammer

-Traduction Éric Balmont

-Publié par « La Manufacture de Livres »

-Voir le livre sur le site de l’éditeur

-505 pages – 22,90 euros

-Voir sur le blog d’autres suggestions de lecture dans la rubrique LIVRES/BOOKS

 

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